Être maître de stage, ce n’est pas simplement accueillir un étudiant dans son cabinet.
C’est accepter de lui ouvrir les portes de la profession, de lui montrer la réalité du métier, ses exigences, ses responsabilités et aussi tout ce qui ne peut pas être appris dans une salle de cours.
La réglementation de la formation en ostéopathie prévoit une formation pratique clinique permettant aux étudiants d’acquérir une expérience clinique. Une partie de cette formation peut être réalisée auprès de maîtres de stage extérieurs à l’établissement, après agrément par le directeur de l’établissement et accord du conseil pédagogique. Une convention précise alors les modalités du stage, les obligations de chacun et les conditions de validation (Légifrance).
Qui peut devenir maître de stage ?
C’est l’établissement de formation qui agrée les maîtres de stage, après accord de son conseil pédagogique. Le lieu de stage et son organisation doivent s’inscrire dans le projet pédagogique de l’établissement (Légifrance).
L’ostéopathe doit naturellement exercer légalement sa profession : l’usage du titre d’ostéopathe est réglementé par le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 (Légifrance).
Concrètement, comment se déroule le stage ?
Le stage permet avant tout à l’étudiant de découvrir la réalité de l’exercice professionnel.
Dans le cadre que je propose dans mon cabinet, il s’agit d’abord d’un temps d’observation : l’étudiant observe le fonctionnement du cabinet, l’accueil du patient, l’anamnèse, le raisonnement clinique, l’examen, la prise en charge et la relation thérapeutique.
L’objectif n’est pas de transformer l’étudiant en « assistant » du praticien, ni de lui faire exercer une activité pour laquelle il n’est pas encore diplômé.
Le temps passé ensemble est également l’occasion d’organiser des moments individualisés de débriefing et d’échange : revenir sur une consultation, expliquer un choix clinique, discuter d’une situation rencontrée, répondre aux questions de l’étudiant ou encore échanger sur la réalité économique, organisationnelle et humaine d’un cabinet.
C’est précisément cette confrontation entre les enseignements théoriques et la réalité du terrain qui donne tout son sens au compagnonnage.
La réglementation prévoit d’ailleurs un suivi pédagogique formalisé : le livret de stage comporte des éléments renseignés par l’étudiant, le maître de stage et le formateur référent, et les acquisitions sont évaluées à partir de ces éléments (Légifrance).
Les stages font également l’objet d’une convention, qui précise leur organisation, leur déroulement ainsi que les questions d’assurance et de responsabilité (Légifrance).
Des stages ponctuels, dans le respect du patient
Les stages que j’accueille au cabinet ne se déroulent pas toute l’année : je reçois des étudiants ponctuellement, en fonction de mes disponibilités, des demandes des étudiants et des possibilités d’accueil. Leur présence reste donc occasionnelle et n’interfère pas avec le fonctionnement habituel du cabinet.
La confidentialité, l’intimité et le libre choix du patient restent prioritaires. Les patients sont informés de la présence éventuelle d’un étudiant et leur consentement est systématiquement demandé avant qu’une consultation puisse être observée. Aucun patient n’est mis devant le fait accompli : s’il ne souhaite pas la présence du stagiaire, son choix est immédiatement respecté, sans aucune conséquence sur sa prise en charge.
Le stage repose ainsi sur un principe simple : l’étudiant est là pour observer et apprendre, tandis que le patient reste au centre de la consultation et conserve à tout moment le contrôle de ce qui se déroule dans le cabinet.
Une transmission qui me tient particulièrement à cœur
Cette démarche n’est pas nouvelle pour moi.
Avant même d’être professionnel, j’étais profondément engagé dans la transmission et l’accompagnement des étudiants.
Mon parcours militant étudiant au sein de la FEDEO (Fédération nationale des étudiants en ostéopathie) et de la FAGE, ainsi que la création du Tutorat étudiants de Rennes, puis du Tutorat national, m’ont permis de comprendre très tôt l’importance de l’accompagnement entre pairs et de la transmission transversale des connaissances.
J’étais un étudiant connecté aux réalités de la formation, aux difficultés rencontrées par les étudiants, mais aussi à leurs attentes et à leurs interrogations face à leur futur métier.
Aujourd’hui, je suis devenu professionnel et je souhaite simplement continuer cette transmission sous une autre forme.
Parce qu’un étudiant ne devient pas professionnel uniquement en accumulant des connaissances.
Il doit aussi pouvoir observer, questionner, comprendre, confronter ses représentations à la réalité du terrain et apprendre auprès de professionnels expérimentés.
C’est tout le sens que je donne à mon engagement comme maître de stage.
Transmettre, ce n’est pas reproduire exactement ce que l’on nous a appris.
C’est donner à la génération suivante les connaissances, les outils et le recul nécessaires pour construire à son tour une pratique professionnelle exigeante, responsable et adaptée aux réalités du terrain.
Le compagnonnage est, à mes yeux, l’un des moyens les plus précieux de faire vivre cette transmission.
Et dans une profession qui doit continuer à structurer sa formation, développer sa culture scientifique et rapprocher davantage l’enseignement de la réalité de l’exercice professionnel, nous avons tous une responsabilité dans la formation de la génération qui arrive.
Sources réglementaires
- Décret n° 2014-1043 du 12 septembre 2014 – formation pratique clinique et maîtres de stage.
- Arrêté du 12 décembre 2014 – relatif à la formation en ostéopathie.
- Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 – relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie.