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Entreprise · 28/09/2026

Troubles musculosquelettiques (TMS) : comprendre, prévenir et mieux les prendre en charge

Troubles musculosquelettiques (TMS) : comprendre, prévenir et mieux les prendre en charge

Les troubles musculosquelettiques, plus couramment appelés TMS, sont devenus un véritable enjeu de santé publique et de santé au travail.

Douleurs lombaires, cervicales, tendinites, douleurs d'épaule, épicondylites, syndrome du canal carpien… Ces troubles peuvent progressivement limiter les mouvements, perturber le sommeil, réduire les capacités physiques et, dans certains cas, conduire à des arrêts de travail prolongés.

Au-delà de la souffrance individuelle, les TMS représentent également un enjeu économique majeur pour les entreprises et pour la collectivité.

Face à ce phénomène, leur prévention et leur prise en charge nécessitent une approche globale. L'ostéopathie peut notamment trouver sa place dans cette démarche, en complément des autres professionnels et des mesures de prévention adaptées.

Les TMS, de quoi parle-t-on ?

Les troubles musculosquelettiques regroupent un ensemble de pathologies qui touchent principalement les muscles, les tendons, les articulations, les nerfs et les structures périarticulaires.

Ils peuvent concerner différentes régions du corps :

  • le dos et les lombaires ;
  • la nuque et les cervicales ;
  • les épaules ;
  • les coudes ;
  • les poignets et les mains ;
  • les genoux ;
  • les membres inférieurs.

Parmi les TMS fréquemment rencontrés figurent notamment les tendinopathies, les épicondylites, le syndrome du canal carpien ou encore certaines lombalgies.

Il est important de comprendre qu'un TMS n'est généralement pas lié à une seule cause. L'INRS souligne le caractère multifactoriel de ces troubles : contraintes physiques, gestes répétitifs, efforts, postures, organisation du travail, intensité du travail ou encore facteurs psychosociaux peuvent se combiner.

Autrement dit, les TMS ne sont pas simplement la conséquence d'une « mauvaise posture ».

Illustration des troubles musculosquelettiques

Un problème de santé qui concerne des millions de personnes

À l'échelle mondiale, les affections musculosquelettiques constituent un problème considérable. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, environ 1,71 milliard de personnes vivent avec une affection musculosquelettique dans le monde.

Elles constituent la première cause de handicap à l'échelle mondiale. La lombalgie représente à elle seule la principale cause de handicap dans 160 pays.

Ces chiffres permettent de comprendre pourquoi les douleurs musculosquelettiques ne peuvent pas être considérées comme de simples problèmes « mécaniques » ou comme des désagréments sans conséquence.

Elles peuvent avoir des répercussions importantes sur :

  • la mobilité ;
  • l'activité physique ;
  • la qualité de vie ;
  • le sommeil ;
  • la vie professionnelle ;
  • la participation sociale ;
  • et parfois la santé psychologique.

En France, les TMS représentent l'immense majorité des maladies professionnelles

La situation française est particulièrement significative.

Selon l'Assurance Maladie, les TMS ont augmenté de 6,7 % entre 2023 et 2024 et représentent environ 90 % des maladies professionnelles reconnues.

L'INRS les décrit comme la première maladie professionnelle reconnue en France. Ils représentent à eux seuls plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues selon le périmètre statistique considéré.

Les chiffres varient légèrement selon les années et les périmètres statistiques utilisés, mais le constat est constant : les TMS constituent de très loin le principal ensemble de maladies professionnelles reconnues en France.

Ils concernent tous les secteurs d'activité. Certains sont cependant particulièrement exposés : aide et soins à la personne, BTP, transport, logistique, industrie, agroalimentaire ou encore nettoyage.

Un coût humain… mais aussi économique

Derrière les statistiques se trouvent d'abord des personnes qui souffrent.

Mais les TMS représentent également un coût considérable pour les entreprises et pour la collectivité.

Pour l'année 2024, l'Assurance Maladie estime notamment que les TMS et les lombalgies liées aux manutentions manuelles représentent plus de 20 millions de journées de travail perdues.

Les TMS représentent également environ 20 % des indemnités journalières versées dans le cadre considéré et environ 2,4 milliards d'euros de cotisations sont associés chaque année aux lombalgies et aux TMS.

Le coût ne se limite toutefois pas aux dépenses directement identifiables.

Pour une entreprise, un TMS peut entraîner :

  • un arrêt de travail ;
  • une baisse de productivité ;
  • une désorganisation du service ;
  • le remplacement du salarié absent ;
  • une perte de compétences ;
  • des difficultés de maintien dans l'emploi ;
  • voire une désinsertion professionnelle.

L'Assurance Maladie souligne que les coûts indirects peuvent être particulièrement importants, notamment en raison de l'absentéisme, de la désorganisation et des pertes de productivité.

Prévention et prise en charge des TMS

Pourquoi développe-t-on un TMS ?

Il n'existe généralement pas une cause unique.

Un même geste peut être parfaitement toléré pendant plusieurs années puis devenir douloureux dans certaines circonstances.

La répétition, l'intensité ou la durée d'une activité peuvent jouer un rôle, tout comme :

  • le manque de récupération ;
  • une augmentation brutale de la charge de travail ;
  • certaines contraintes physiques ;
  • le manque d'activité physique ;
  • le stress ;
  • le sommeil insuffisant ;
  • les contraintes organisationnelles ;
  • ou encore certains facteurs individuels.

C'est pourquoi la prévention des TMS ne peut pas simplement consister à dire à une personne de « mieux se tenir ».

La prévention doit également s'intéresser au travail lui-même.

L'INRS insiste ainsi sur la nécessité d'agir sur l'organisation du travail, l'aménagement des postes et des espaces, mais également sur l'ensemble des facteurs qui participent à l'apparition des TMS.

Le mal de dos : un exemple particulièrement important

La lombalgie illustre parfaitement la complexité des TMS.

Elle est extrêmement fréquente et peut devenir invalidante lorsqu'elle se prolonge.

La Haute Autorité de Santé rappelle toutefois un élément essentiel : la lombalgie commune évolue favorablement dans environ 90 % des cas en quatre à six semaines.

Elle recommande également de maintenir autant que possible les activités quotidiennes et de privilégier l'activité physique adaptée.

Cela signifie qu'avoir mal au dos ne doit pas nécessairement conduire à arrêter toute activité.

Au contraire, dans la plupart des situations, le mouvement fait partie du traitement.

Lorsque la douleur devient chronique ou qu'un risque de chronicisation est identifié, une prise en charge adaptée et active devient particulièrement importante.

Quelle place pour l'ostéopathie dans la prise en charge des TMS ?

L'ostéopathie peut constituer une des réponses possibles aux TMS, notamment lorsqu'ils s'accompagnent de douleurs ou de limitations fonctionnelles.

L'objectif d'une consultation ostéopathique est notamment d'évaluer le patient dans sa globalité, d'identifier les zones douloureuses et les limitations de mobilité, et de rechercher les différents facteurs pouvant participer à l'apparition ou à l'entretien des symptômes.

Le traitement peut ensuite utiliser différentes techniques manuelles adaptées à la situation du patient.

Mais il est important de présenter correctement la place de l'ostéopathie : elle ne remplace ni le diagnostic médical, ni l'activité physique, ni la kinésithérapie lorsqu'elle est indiquée, ni les mesures de prévention au travail.

Elle peut s'inscrire dans une prise en charge globale et complémentaire.

Que dit la recherche scientifique ?

Les données scientifiques concernant l'ostéopathie sont particulièrement étudiées dans le domaine des douleurs musculosquelettiques, notamment pour la lombalgie.

Une méta-analyse publiée en 2020, portant sur les interventions ostéopathiques dans la lombalgie chronique non spécifique, a retrouvé une amélioration de la douleur et de la fonction par rapport aux interventions de contrôle. Les auteurs soulignent cependant que la qualité méthodologique des études était variable et que des travaux supplémentaires sont nécessaires.

Plus récemment, une revue systématique et méta-analyse publiée en 2026 a analysé sept essais randomisés portant sur environ 378 patients souffrant de lombalgie chronique. Les auteurs rapportent un bénéfice à court terme des traitements manipulatoires ostéopathiques sur la douleur et la fonction, avec un niveau de certitude jugé modéré pour certains critères.

Une revue systématique plus large publiée en 2026 s'est également intéressée à l'ostéopathie dans les douleurs musculosquelettiques. Elle confirme l'intérêt scientifique du sujet tout en soulignant l'hétérogénéité des pathologies, des techniques et des études disponibles.

Ces résultats sont intéressants, mais ils doivent être interprétés avec rigueur : les preuves ne permettent pas de présenter l'ostéopathie comme un traitement universel des TMS.

Elle peut en revanche avoir une place dans une stratégie de prise en charge adaptée au patient.

Accompagnement ostéopathique et prévention des TMS

Une prise en charge active plutôt qu'une approche uniquement passive

La recherche et les recommandations contemporaines convergent sur un point important : la prise en charge des douleurs musculosquelettiques doit autant que possible rendre le patient acteur de sa récupération.

Dans le cas de la lombalgie, la HAS recommande l'activité physique et la reprise des activités quotidiennes. Les techniques manuelles peuvent être envisagées, mais dans le cadre d'une approche multimodale comprenant notamment des exercices.

L'ostéopathie peut donc être utile pour accompagner cette démarche.

Une consultation peut permettre de travailler sur la mobilité et les symptômes, mais également d'aider le patient à mieux comprendre sa douleur et à identifier les facteurs susceptibles de favoriser sa réapparition.

L'objectif n'est pas simplement de « remettre quelque chose en place ».

Il s'agit plutôt de favoriser la récupération et le retour progressif à une activité normale, lorsque cela est possible.

Prévenir plutôt que subir

La meilleure stratégie contre les TMS reste la prévention.

Cela passe notamment par :

Bouger régulièrement.
L'activité physique contribue à maintenir les capacités musculaires et fonctionnelles.

Varier les positions et les activités.
Rester longtemps dans la même position ou répéter continuellement le même mouvement peut favoriser l'apparition de symptômes.

Adapter son poste de travail.
L'ergonomie, l'organisation du travail et les conditions de réalisation des tâches jouent un rôle important.

Respecter les temps de récupération.
La récupération est une composante essentielle de la prévention.

Ne pas attendre que la douleur s'installe durablement.
Une douleur persistante ou récidivante mérite une évaluation adaptée.

Agir rapidement lorsque la douleur apparaît.
Une prise en charge précoce peut contribuer à éviter l'installation d'un problème chronique.

Quand consulter un ostéopathe ?

Une consultation peut être envisagée lorsqu'une douleur musculosquelettique apparaît ou se répète, notamment en cas de :

  • douleurs lombaires ou cervicales ;
  • douleurs d'épaule ;
  • douleurs liées à certaines activités professionnelles ou sportives ;
  • sensations de raideur ou de limitation de mobilité ;
  • douleurs récurrentes après certaines activités ;
  • gêne fonctionnelle persistante.

L'ostéopathe réalise une évaluation avant de déterminer si une prise en charge manuelle est adaptée.

Dans certaines situations, une orientation vers un médecin ou un autre professionnel de santé est nécessaire. Une douleur importante, persistante, inhabituelle ou associée à certains signes d'alerte doit faire rechercher une cause médicale.

Les TMS sont un enjeu collectif

Les TMS ne sont donc pas seulement une succession de « petits bobos ».

Ils constituent aujourd'hui un enjeu majeur de santé publique, de santé au travail et d'économie.

Ils représentent une part considérable des maladies professionnelles, entraînent des millions de journées de travail perdues et peuvent avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie et le maintien dans l'emploi.

Face à cette réalité, la réponse doit être collective et multidisciplinaire : prévention en entreprise, activité physique, éducation du patient, médecine générale, kinésithérapie, ergonomie, médecine du travail et, lorsque cela est pertinent, prise en charge ostéopathique.

L'ostéopathie ne constitue pas une réponse unique aux TMS. Elle peut cependant représenter un outil complémentaire dans une stratégie globale, individualisée et fondée sur les données scientifiques disponibles.

Car prévenir les TMS, ce n'est pas seulement chercher à faire disparaître une douleur : c'est permettre à chacun de continuer à bouger, travailler et vivre avec le moins de limitations possible.

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